Les registres paroissiaux.

C’est la principale source de documents pour l’Ancien régime. En France, l’origine des registres paroissiaux est l’ordonnance de Villers-Cotterêts d’août 1539 qui impose aux curés de tenir des registres des baptêmes. L’ordonnance de Blois en mai 1579 y ajoute les registres de mariages et de sépultures. Ces dispositions ont été suivies inégalement dans les paroisses et les péripéties de l’Histoire ont fait que ces documents ont pu être détruits. En 1667, le Code Louis impose la tenue des registres en double exemplaires, l’un reste dans la paroisse, l’autre est transmis au greffe du procureur du roi au siège du bailliage. Cette mesure est appliquée systématiquement à partir 1736.

Dans le département du Nord qui n’est devenu français qu’à la fin du XVIIe siècle, la collection des registres de catholicité provenant du greffe ne commence en général qu’en 1737.

Dans la collection provenant des communes, les plus anciens registres remontent au milieu du XVIe siècle.
Il n’existe pas de tables décennales, pour les registres paroissiaux A défaut de tables décennales, il est possible de consulter des relevés effectués par des généalogistes aux Archives départementales qui recensent les baptêmes, mariages et sépultures d’une paroisse. Mais s’ils donnent de précieuses informations, ces relevés peuvent comporter des erreurs.

Les Archives départementales du Nord conservent dans la sous-série 3 E la collection des registres paroissiaux provenant du greffe des bailliages et dans la série E-J communes et E dépôt, les registres des communes qui ont déposé leurs archives.

On peut illustrer ces documents par l’ascendance paternelle de la mère de Gustave Neveu, tirée de la généalogie d’Adrien Flamme:

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L’acte de baptême
Les actes de baptême indiquent, généralement, le nom et le prénom de l’enfant, le jour et l’heure de naissance, les noms et prénoms des parents et des témoins, parfois leurs âges et domiciles.
Si l’on prend l’exemple de Jacques Philippe Lasne, on sait, grâce à son acte de mariage du 1er ventôse an V (19 février 1797), qu’il est né en 1770 dans la commune de Berlaimont.

3 E Berlaimont 2

L’acte de baptême mentionne que Jacques Philippe Lasne est né le 10 janvier 1770 à Berlaimont, c’est le fils de Jean Jacques Joseph Lasne, laboureur et de Marie Michelle Hennequin. Son parrain est Jacques Honoré et sa marraine est Marie Anne Joseph Demade.

Remarque : l’acte peut mentionner le lien de parenté du parrain et de la marraine avec le nouveau-né.

L’acte de mariage
L’acte de mariage indique les noms et prénoms, âges et domiciles des époux et des témoins, les noms et prénoms des parents. Il peut mentionner la situation des deux époux (majeur(e), mineur(e), veuf(ve) ainsi que des mentions diverses : dispenses de consanguinité, dispenses d’affinité, reconnaissance d’un enfant né avant le mariage...

Comme pour les actes d’état civil, le mariage se fait généralement dans la paroisse où réside la future mariée.
Grâce au dépouillement des actes de mariage de Berlaimont effectué par une généalogiste, Rose Demaret, on apprend que Jean Jacques Lasne et Marie Michelle Hennequin se sont mariés le 10 septembre 1766.

3 E Berlaimont 2

L’acte de mariage indique que Jean Jacques Lasne, laboureur, âgé de 35 ans, est le fils de Jacques Philippe Lasne, laboureur, et de Marie Catherine Duroeulx, décédée. Marie Michelle Hennequin, son épouse, âgée de 33 ans, est la fille de André Joseph Hennequin, tonnelier et de Marie Michelle Malaquin, décédée. Ils ont reçu le consentement de leurs parents.
Le mariage a été célébré en présence d’Etienne Joseph Lasne, boulanger, et de Noël Lasne, laboureur, frères de l’époux. Pour l’épouse, les témoins sont Martin Joseph Hennequin, tonnelier, son frère, et Charles André Delhaye, clerc.

L’acte de sépulture
L’acte de sépulture indique le lieu d’inhumation, les nom et prénom du défunt, son âge, parfois sa profession, le nom du conjoint et des témoins. L’acte peut parfois mentionner la cause du décès et la qualité de la personne. L’âge du défunt n’est souvent qu’une estimation. Dans les actes les plus anciens, il n’est pas indiqué de même que le nom des témoins.

Pour les femmes, comme dans les actes d’état civil, les actes de sépulture sont enregistrés sous le nom de jeune fille de la défunte.

On peut prendre l’exemple de Marie Michelle Malaquin. Nous savons qu’à la date du 10 septembre 1766, lors du mariage de sa fille, elle est décédée. Après une recherche dans les dépouillements des généalogistes, on s’aperçoit qu’elle est décédée le 4 juin 1765 à environ 60 ans.

3 E Berlaimont 1

L’acte nous indique que Marie Michelle Malaquin est décédée à l’âge de 60 ans. Elle a été inhumée, après la messe, au cimetière de la paroisse de Berlaimont en présence de son mari, André Joseph Hennequin et de son fils Joseph Hennequin.