Les Archives départementales du Nord

Créées en l’an V, les Archives du Nord se virent très vite attribuer les très riches archives de la Chambre des comptes de Lille qui, à la suppression de la Chambre par Louis XIV, avaient été confiées à un archiviste chargé de sa conservation et de son inventaire, Denis Godefroy, auquel succéda son fils.

Au milieu du XIXe siècle entrèrent aux Archives du Nord les fonds de l’évêché-archevêché de Cambrai, de l’officialité et du chapitre métropolitain, enrichissement inappréciable puisque s’y trouvaient conservés en particulier le plus ancien documents original du Nord (804), le terrier de l’Evêque (1275) et quatre diplômes impériaux scellés de bulles d’or. A côté des archives des chapitres (dont celui de Saint-Pierre de Lille, célèbre pour sa charte de donation de 1066) vinrent prendre place près de 250 fonds d’établissements religieux importants. Les cours de justice (dont le Parlement de Douai), les administrations provinciales (intendances, Bureau des Finances), les établissements d’enseignement (dont l’université de Douai) sont également bien représentées.

Parmi les archives qui nous sont venues de l’Ancien régime, on signalera aussi : les registres de baptêmes, mariages et sépultures tenus par les curés ; les minutes de notaires, regroupées ou non dans des tabellions, où sont enregistrés tous les actes de la vie civile ; des documents intéressant les communes et les corporations, des titres de familles.

Toutefois et parallèlement les archivistes du Nord n’ont cessé de se préoccuper d’assurer la sauvegarde des archives administratives : administrations révolutionnaires du département, des districts et des cantons, Préfecture, sous-préfecture, Conseil général, administrations domaniales, financières et fiscales, des Ponts-et-Chaussées, rectorat et Inspection d’Académie, tribunaux, établissements pénitentiaires etc. Ce sont ces archives, modernes ou même tout à fait contemporaines, qui, avec un rythme d’accroissement de 1kml par an, occupent la plus grande partie des 60 kml de rayonnages de la rue Saint-Bernard et de la rue de Douai

Au XXe siècle, les archivistes ont étendu la collecte aux minutes des notaires de plus de 100 ans, puis aux archives de familles, aux papiers d’érudits, aux archives d’entreprises (pour la plupart rétrocédées par la suite aux Archives nationales du Monde du travail à Roubaix), aux archives d’architectes (dont celles de Louis Cordonnier), aux archives centenaires des communes de moins de 2000 habitants sans oublier des fonds d’archives hospitalières (dont celles des hôpitaux de Lille) ou de chambres de commerce et d’industrie (dont celles de Lille, Roubaix et Tourcoing).

Les documents conservés sont dans leur grande majorité des documents écrits. Toutefois sont également conservés aux Archives du Nord, entrés par versement ou par voie extraordinaire des cartes et plans, des photographies, des cartes postales, des dessins,des gravures sans compter quelques 10 000 sceaux et une très riche bibliothèque administrative et d’histoire locale.